Un chiffre brut, une frontière invisible : en 2025, le classement du FMI et de la Banque mondiale propulse à nouveau certains États africains tout en bas de l’échelle. Malgré des progrès globaux, la pauvreté extrême refuse de disparaître, piégée par des mécanismes profonds et des réalités qui échappent souvent aux projecteurs.
Comprendre la pauvreté mondiale : quels critères pour mesurer et comparer ?
La pauvreté mondiale ne se laisse pas enfermer dans une statistique unique. Pour établir un classement cohérent, il faut jongler avec une mosaïque d’indicateurs. Pourtant, le PIB par habitant en dollars internationaux corrigé par la parité de pouvoir d’achat (PPA) fait figure de référence. Cet indicateur a le mérite de prendre en compte les écarts de prix entre pays, ce qui évite les comparaisons trompeuses entre économies radicalement différentes.
Chaque publication annuelle de la Banque mondiale et du FMI vient alimenter les débats, avec des données disponibles et des estimations actualisées. Au-delà du PIB par habitant, le taux de pauvreté, soit la proportion de personnes vivant avec moins de 2,15 dollars par jour (en dollars PPA), selon la dernière actualisation de la Banque mondiale, donne une idée plus concrète des défis à relever au quotidien.
Mais tout ramener à un chiffre serait passer à côté de l’essentiel. Les chercheurs élargissent la focale : revenus réels, accès aux soins, à l’éducation, à l’alimentation, tout compte. Les analyses les plus récentes croisent ces dimensions pour mieux cerner la réalité vécue par les populations. À cela s’ajoute la qualité parfois inégale des données selon les pays, ce qui brouille la hiérarchie mondiale. Pourtant, le niveau de pauvreté demeure un marqueur puissant, bousculant les ambitions portées sur la scène internationale.
Classement 2025 : quels sont les pays les plus pauvres selon le PIB par habitant ?
L’année 2025 ne redistribue pas les cartes : les pays les plus pauvres du monde restent concentrés en Afrique subsaharienne. Selon les données les plus récentes de la Banque mondiale, basées sur le PIB par habitant en dollars PPA, les écarts de revenu sont vertigineux et persistent malgré les efforts internationaux.
Ce constat se traduit par la présence, en bas de liste, de plusieurs États confrontés à des obstacles majeurs :
- Le Burundi occupe la première place, avec un PIB par habitant d’environ 250 dollars PPA. Entre crises politiques et difficultés chroniques d’approvisionnement alimentaire, le pays peine à sortir la tête de l’eau.
- La République centrafricaine talonne, dépassant à peine les 500 dollars PPA. L’enclavement et les violences récurrentes freinent toute relance.
- Le Soudan du Sud, marqué par la guerre civile et l’éclatement du tissu social, arrive juste derrière. Les estimations de la Banque mondiale oscillent entre 600 et 700 dollars PPA par habitant.
Juste après, d’autres pays d’Afrique subsaharienne affichent aussi des taux de pauvreté préoccupants : Malawi, Mozambique, République démocratique du Congo. Ces économies restent dépendantes de soutiens extérieurs, exposées aux chocs climatiques et aux aléas du marché mondial. Pour la plupart des habitants, les progrès restent très lents, malgré les promesses répétées lors de sommets internationaux.
Idées reçues et réalités : pourquoi certains pays surprennent dans le classement
Le classement des pays les plus pauvres en 2025 ne manque pas de surprendre, tant il met à mal certaines convictions. Beaucoup associent la pauvreté à l’absence de ressources ou à un faible PIB par habitant, mais la réalité est bien plus nuancée. Des pays comme la République démocratique du Congo, riche en cuivre, ou le Soudan du Sud avec son pétrole, restent au bas de l’échelle. Les richesses naturelles, loin d’être une garantie, n’offrent pas toujours le répit attendu face à la pauvreté extrême.
Ce qui pèse le plus, c’est l’enchaînement de conflits armés, d’instabilité politique et de corruption. Après des années de crise, la reconstruction sociale s’annonce difficile. La malnutrition continue de faire des ravages : dans certaines zones, près d’un enfant sur deux souffre d’un manque chronique, hypothéquant toute chance de développement.
Cependant, des signaux faibles apparaissent. Quelques États longtemps considérés comme condamnés s’efforcent de remonter la pente, par des investissements dans l’éducation, la gouvernance ou l’accès à l’eau et à l’énergie. Mais la répartition des richesses demeure inégale : une poignée bénéficie du système, tandis que la majorité lutte pour s’en sortir.
En analysant les données, un constat s’impose : posséder des ressources minières ou pétrolières n’a de sens que si les richesses sont partagées. En 2025, la pauvreté s’accroche là où s’accumulent crises et blocages politiques, héritages d’une histoire longue et tourmentée.
Pauvreté persistante ou amélioration à long terme : quelles perspectives pour l’avenir ?
Pour les pays au bas du classement 2025, le chemin du développement économique reste parsemé d’embûches. La Banque mondiale détecte une baisse timide du nombre de personnes en pauvreté extrême, mais sur le terrain, l’Afrique subsaharienne demeure confrontée à des inégalités tenaces et à une vulnérabilité persistante.
Pour espérer une avancée tangible, plusieurs leviers doivent être actionnés simultanément : investissements ciblés, gouvernance rigoureuse, accès généralisé à l’éducation et mise en valeur des ressources locales. L’aide humanitaire extérieure, seule, ne suffit pas ; elle doit s’articuler avec des réformes profondes portées par les acteurs locaux.
Trois axes sont régulièrement mis en avant par les spécialistes du développement :
- Renforcer les infrastructures de santé et rendre l’éducation accessible à toutes et tous
- Appuyer les petites exploitations agricoles, indispensables à l’autosuffisance alimentaire
- Soutenir l’initiative locale et encourager la création d’emplois pérennes
Des améliorations sont à portée de main. Certains pays ont amorcé une sortie de l’extrême pauvreté grâce à la diversification économique ou à l’intégration régionale. Mais l’équilibre reste fragile : une crise politique ou climatique peut tout remettre en question. Les partenaires internationaux privilégient désormais la transparence, l’expertise et le renforcement des institutions pour accompagner ces transitions.
Le palmarès de 2025, c’est une photographie à un moment précis. Derrière chaque statistique, il y a des histoires, des obstacles, des élans. Rien n’empêche d’imaginer une carte de la pauvreté redessinée, si la volonté collective s’attaque réellement aux racines plutôt qu’aux apparences.


